Le sentier de la Madonna finit 110 m plus bas qu’il ne commence. Les quatre rochers des apparitions sont au fond du vallon, le parking municipal est en haut, à 522 m, et le chemin qui relie les deux est le seul. On descend à l’aller. On remonte au retour, avec des jambes qui ont déjà fait 1,1 km.
La fiche de randonnée de l’office de tourisme annonce 2,2 km, une heure sans les pauses, 110 m de dénivelé, difficulté facile. Les chiffres sont exacts. Leur ordre change pourtant la sortie : les quarante dernières minutes sont une montée, et elles arrivent quand tout le monde a déjà marché.
Du parking municipal, on part vers le bas du village
Le départ est le parking municipal de Campitello, à 42,52735 de latitude et 9,31619 de longitude, 522 m d’altitude. Du parking, on remonte sur la route, puis on prend à gauche vers le bas du village et le hameau de Panicale.
Soixante mètres plus loin, le monument aux morts et son canon. C’est le premier repère, et c’est de là que part le sentier qui rejoint Bagnolu. Cinquante mètres plus bas, l’église paroissiale San Petru se tient derrière la Casa cumuna ; le parvis fait une halte commode avant la descente. La route continue jusqu’à son cul-de-sac, où les véhicules s’arrêtent.
Ensuite, des panneaux « Madonna ». Le balisage tient tout entier dans ces flèches directionnelles, sans marque de peinture ni cairn. Plus de panneau en vue signifie qu’on a quitté le sentier.
Les cinq repères, dans l’ordre où ils se présentent
| Repère | Ce qu’on y trouve |
|---|---|
| Le parking municipal, 522 m | le point haut du parcours, et le seul départ |
| Le monument aux morts, 60 m plus loin | un canon, et la bifurcation qui monte vers Bagnolu |
| L’église San Petru, 50 m plus bas | des origines au XIVe siècle, derrière la Casa cumuna |
| La chapelle San Roccu | des portes sang et or ; on tourne à gauche, on entre dans la chênaie |
| E lenze, puis u fragnu | des terrasses plantées d’oliviers, un moulin cinquante mètres en contrebas |
| Les quatre rochers, à 1,1 km | environ 412 m, la source, la fin du sentier |
Itinéraire et chiffres relevés sur la fiche de randonnée de l’office de tourisme Marana-Golo en septembre 2026.
Passé San Roccu, le chemin bascule dans la chênaie. Les terrasses qu’il traverse ont porté des oliviers, dont la récolte descendait au moulin. L’ombre est continue jusqu’en bas. En juillet, ça change ce qu’on peut envisager à quinze heures.
Les passages raides sont aménagés d’escaliers et de rambardes. Des chaussures de ville y suffisent par temps sec. Sous la pluie, la pierre glisse comme n’importe quel escalier de pierre.
Les 110 m de montée sont au retour, pas à l’aller
Un profil « +110 m / -110 m » se lit d’habitude dans l’ordre montée puis descente. Ici l’ordre est inverse. Le parking est le point haut du parcours, les rochers son point bas, à environ 412 m, et les 1,1 km du retour se font entièrement en côte.
Sur l’heure annoncée par la fiche, une vingtaine de minutes vont à la descente et une quarantaine à la remontée. Le demi-tour arrive donc au tiers du temps de marche.
Avec des enfants, compter le double de l’heure annoncée
« 1 h, facile » vaut pour un adulte qui marche sans s’arrêter, sur une base de 4 km/h à plat et 300 m de montée à l’heure. Des enfants qui font la route à pied descendent vite, s’arrêtent souvent et remontent lentement. La sortie s’étale alors entre une heure et demie et deux heures et demie, pauses comprises.
Trois décisions se prennent au parking, parce qu’en bas il est trop tard. Emporter l’eau, d’abord : rien ne se boit sur le parcours, et la source des rochers n’est pas un point de ravitaillement. L’heure de départ compte autant, puisque la remontée tombe au plus chaud de la journée quand on démarre après le déjeuner. Reste le portage : un enfant de trois ans descend 110 m sans difficulté, il ne les remonte pas.
Comment on sait qu’on est arrivé
Le sentier s’arrête aux rochers. Rien ne continue vers le bas, et la seule autre branche remonte vers Bagnolu : l’arrivée se reconnaît à l’absence de panneau suivant.
Il y a là quatre rochers au bord du ruisseau, et une source au pied. Elle a jailli le 14 août 1899, à un endroit où personne n’avait relevé d’humidité, sept semaines après la première apparition rapportée par Madeleine Parsi et Perpétue Lorenzi, deux filles d’une quinzaine d’années. Le pèlerinage a suivi. Sans lui, personne n’aurait taillé d’escaliers pour descendre au bord de ce ruisseau.
Les cent mètres de plus, vers la chapelle de Bagnolu
Depuis les rochers, le sentier repéré au monument aux morts monte vers le hameau de Bagnolu. La fiche compte une centaine de mètres et 50 m de dénivelé pour ce prolongement. C’est le passage le plus raide de la journée, sur la plus courte distance.
Au bout, la chapelle de l’Immaculée Conception et son tableau du même nom, attribué à Francesco Carli et daté des années 1760-1770. Ces 50 m s’ajoutent aux 110 m qui attendent derrière. Avec des enfants fatigués, on s’en passe.
Ce qui peut fermer le sentier entre juin et septembre
L’arrêté préfectoral 2B-2026-06-19-00004 du 19 juin 2026, en vigueur au 11 septembre 2026, règle l’accès aux massifs forestiers de Haute-Corse du 16 juin au 16 septembre 2026. Les jours où Météo-France annonce un danger d’incendie de niveau 5 ou 6 pour la zone, l’accès aux sentiers et aux pistes est interdit dans les massifs qu’il nomme. Il en nomme six : l’Agriate, le Fango, Bonifato, Tartagine-Melaja, le Verghellu et le Manganellu. La Costiera n’y figure pas. Le sentier de la Madonna échappe à ce régime.
Restent les arrêtés ponctuels, qui portent sur un territoire entier. Le 20 août 2026, l’accès à toutes les forêts, à tous les sentiers de randonnée et aux cours d’eau a été interdit dans l’ensemble du département, de 20 h au lendemain 23 h 59, pour sécheresse et épisode orageux. Une décision de ce type se prend la veille pour le lendemain.
La vérification se fait donc le matin même, sur la page des services de l’État en Haute-Corse consacrée à l’accès aux massifs forestiers, où les arrêtés paraissent au fil de l’eau. Un ciel dégagé au-dessus du village ne dit rien du niveau retenu pour la zone.