Deux routes montent à Campitello. Il n’y en a pas de troisième. L’une arrive de Volpajola, à l’est, l’autre de Bigorno, à l’ouest ; toutes deux empruntent la D7, la départementale qui traverse le village. Depuis la nationale du fond de vallée, il faut 11,1 km par le carrefour de Barchetta, 14,2 km par celui de Ponte Novu. Compter une demi-heure de route. Les calculateurs d’itinéraire en annoncent vingt minutes, et ils comptent au mieux.
Le détour se mesure : 2 200 mètres séparent le village de la nationale à vol d’oiseau, 412 mètres de dénivelé, et aucune route entre les deux. L’Atlas des paysages de la Corse décrit la desserte de ces villages comme une « étroite route en balcon », et résume d’une phrase le voisinage du fond de vallée et des crêtes : « les deux mondes se côtoient en s’ignorant ».
Les deux routes, en un coup d’œil
| Par Volpajola | Par Bigorno | |
|---|---|---|
| On quitte la nationale | à Barchetta, 95 m | à Ponte Novu, 148 m |
| Routes empruntées | D15 puis D7 | D5 puis D7 |
| Distance jusqu’au village | 11,1 km | 14,2 km |
| Montée cumulée | 488 m | 549 m, dont 105 m à redonner |
| Point haut du trajet | le village lui-même | 674 m, au kilomètre 12 |
| Villages traversés | Volpajola | Lento, puis Bigorno |
| Temps à prévoir | 25 minutes | 30 à 35 minutes |
| À prendre en venant | du nord et de l’est | du sud et de l’ouest |
Distances, altitudes et dénivelés relevés en septembre 2026 sur les données de l’IGN et d’OpenStreetMap. Les durées valent pour une conduite normale, sans arrêt.
Par Volpajola : 11,1 km depuis le carrefour de Barchetta
C’est l’accès le plus court, et le seul qui monte sans jamais redescendre.
On quitte la nationale à Barchetta, à 95 mètres d’altitude, pour prendre la D15 vers le nord. Le carrefour se trouve à hauteur de la halte ferroviaire. C’est le point le plus bas des deux itinéraires.
Cinq kilomètres de D15 mènent à Volpajola, à 368 mètres. La route y tourne beaucoup et gagne vite de l’altitude. Dans le village, au-dessus du hameau de Costa Sorbo, la D7 part vers l’ouest : c’est elle qu’il faut prendre, la D15 poursuivant sa route ailleurs.
Restent 5,8 kilomètres de D7, en balcon au-dessus du Golo, à un peu plus de 4 % de moyenne. Le hameau de Progliolu passe au kilomètre 10,7, puis la route entre dans le village par le bas.
Sur ce versant, la montée cumulée atteint 488 mètres pour 14 mètres de descente.
Par Bigorno : 14,2 km depuis Ponte Novu
La D5 s’embranche sur la nationale à Ponte Novu, à 148 mètres, juste au nord du pont sur le Golo. Pour qui vient de Corte ou de Ponte Leccia, c’est le premier des deux carrefours.
Douze kilomètres de D5 suivent, à 4,4 % de moyenne : Lento au kilomètre 9,2, Bigorno au kilomètre 12,1. La chaussée traverse les deux villages, et elle se rétrécit d’autant.
Au kilomètre 12, la D5 croise la D7 à 674 mètres. Point haut du trajet, et endroit où il faut tourner : tout droit, la D5 continue de grimper vers le col de Bigorno, 885 mètres, quatre kilomètres plus loin, puis bascule dans le Nebbio.
De ce carrefour, 2,1 kilomètres de D7 descendent sur le village en passant par Bagnolu. On arrive par le haut, et on redonne les 105 derniers mètres.
Ce versant demande 549 mètres de montée cumulée pour un village situé 386 mètres au-dessus du point de départ. Trois kilomètres de plus que par l’est, et un col intermédiaire à franchir.
Quelle route selon le point de départ
Par défaut, prendre Barchetta : les trois kilomètres d’écart pèsent moins que la position du carrefour. Neuf kilomètres de nationale séparent Barchetta de Ponte Novu : se tromper de sortie coûte dix minutes à l’aller, autant au retour.
En venant de Bastia, de l’aéroport ou de la plaine orientale, on rencontre Barchetta en premier ; depuis Corte ou Ponte Leccia, c’est Ponte Novu. Le détail des distances depuis les points d’arrivée de l’île tient dans une autre page, comme l’arrivée par l’aéroport de Bastia-Poretta.
Il n’y a pas de troisième entrée
La commune de Campitello descend jusqu’au Golo, et la nationale la traverse sur quelques centaines de mètres, à 122 mètres d’altitude. Rien n’en part vers le village. Cette absence a ses raisons, et elle est ancienne.
Deux autres approches existent, mais aucune n’ajoute d’entrée : elles retombent sur les mêmes routes. Par le nord, depuis Murato et le Nebbio : 12,9 kilomètres de D5, le col de Bigorno franchi cette fois en descente, et l’on débouche au carrefour de 674 mètres. Par le nord-est, depuis Borgo et la Marana : la D7 franchit le col du Campo, à 451 mètres, puis suit la ligne des villages jusqu’à Volpajola, 19,8 kilomètres en tout. Dans les deux cas, la fin du trajet est celle décrite plus haut.
Ni l’un ni l’autre itinéraire ne franchit le Golo. Les deux carrefours sont sur la rive gauche, celle du village.
Ce qui fait rater le virage
La nationale s’appelle T20 sur les panneaux, depuis la renumérotation des routes territoriales de 2014. Beaucoup de cartes et d’applications la donnent encore comme RN 193. Les deux noms désignent la même chaussée.
Le carrefour du point haut, sur le versant ouest, se manque facilement. Rien n’oblige à tourner, la D5 monte encore, et l’on se retrouve au col quatre kilomètres plus loin. À Volpajola, c’est l’inverse : la D15 traverse le village sans s’arrêter, et c’est la D7 qui s’en détache.
Onze kilomètres annoncés en dix-sept minutes se roulent en vingt-cinq. La marge se creuse dès qu’un véhicule arrive en face : sur ces largeurs, l’un des deux recule.
L’hiver, la neige tient rarement à ces altitudes. Le verglas du petit matin et les éboulements après de fortes pluies, en revanche, ferment ponctuellement des départementales de montagne. L’état du réseau se vérifie sur Inforoute Corse, qui publie les coupures en cours sur les routes territoriales et départementales.
Savoir qu’on est arrivé
Le village s’étage sur le versant, de 500 mètres environ à Panicale à 580 à Bagnolu, le centre à 534. Le sens d’arrivée change la première impression : par l’est, on entre par le bas et le bâti se découvre en montant ; par l’ouest, on le domine avant d’y descendre.
Le repère le plus sûr est le clocher à trois étages de l’église Saint-Pierre-aux-liens. La D7 ne dessert pas les maisons : c’est le Chjassu di u Panicale, une voie communale de trois cents mètres, qui descend vers le cœur bâti. Le stationnement se règle avant de s’y engager.
Les deux routes forment une boucle, ce qui rend le choix obligatoire à l’aller seulement. Monter par Volpajola, redescendre par Bigorno et Ponte Novu : 25 kilomètres de départementale, neuf de nationale pour revenir au point de départ. Le tour classique du secteur coûte une heure de plus qu’un aller-retour.