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Campitello guide de la Costiera

Une journée depuis Bastia : Campitello, le col, San Michele

Quatre-vingts kilomètres en boucle, deux heures vingt de volant : la montée par Barchetta, une heure de marche au-dessus de Campitello, le col de Bigorno à 885 m, San Michele de Murato et le retour par le défilé de Lancone. Avec l'ordre que l'horaire de l'église impose.

Publié le 10 septembre 2026 11 min de lecture
La route en lacets qui monte au village, accrochée au versant au-dessus de la vallée du Golo
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Quatre-vingts kilomètres en boucle, dont une vingtaine de route de montagne, et de quoi être rentré au milieu de l’après-midi. La journée décrite ici remonte la vallée du Golo, monte à Campitello, marche une heure au-dessus du village, franchit le col de Bigorno à 885 mètres, déjeune dans le Nebbio, entre dans San Michele de Murato et redescend par le défilé de Lancone. Deux heures vingt de volant, le reste à pied ou à table.

L’ordre ne s’inverse pas. San Michele n’ouvre que l’après-midi pendant la saison, et la même boucle parcourue à l’envers arrive devant une porte close vers onze heures. Campitello le matin, Murato après le déjeuner : l’horaire de l’église commande le sens de la journée.

79,4 kmla boucle entière, au départ de Bastia et retour

2 h 20de volant, répartis sur quatre portions inégales

885 mle col de Bigorno, point haut de la journée

5 h 30porte à porte, arrêts et déjeuner compris

Le déroulé, kilomètre par kilomètre

Trois routes, dans cet ordre : la nationale le long du Golo, la D 7 pour le village, la D 5 pour le col. Le retour prend la D 62, qui ne ressemble à aucune des trois.

PortionParDistanceAu volant
Bastia à BarchettaT 11 puis T 20, le long du Golo29,9 km30 min
Barchetta à Costa SorboD 155,0 km12 min
Costa Sorbo à Campitello (522 m)D 75,9 km15 min
Campitello à Bigorno (675 m)D 71,9 km5 min
Bigorno à Murato, par le col (885 m)D 516,1 km30 min
Murato à Bastia, par le défiléD 5 puis D 6223,2 km45 min

Les temps sont ceux d’une conduite normale sur ces routes. Un calculateur d’itinéraire en annonce un quart de moins, parce qu’il applique aux lacets de la D 7 la moyenne d’une départementale de plaine.

Monter à Campitello : trente kilomètres de plaine, onze de virages

On sort de Bastia par le sud, sur la T 11 puis la T 20, l’ancienne RN 193. Elle traverse la plaine orientale, passe Casamozza, puis remonte le Golo. À Barchetta, hameau posé au bord du fleuve avec sa halte ferroviaire, la D 15 quitte la vallée sur la droite.

Cinq kilomètres de montée jusqu’à Costa Sorbo, un hameau de Volpajola, où la D 15 rejoint la D 7. Cette D 7 est la route corniche de la Costiera : elle relie Ponte Novu à Borgo-Rivinco en desservant tous les villages du versant, et c’est elle, pas la nationale, qui donne accès à Campitello. Vers l’ouest, il reste 5,9 kilomètres.

Le demi-tour classique

Le village se voit depuis la RN 193, quatre cents mètres au-dessus de la route, quand on remonte le Golo. Aucun chemin carrossable n'y monte depuis le fond de vallée : on passe par Volpajola ou par Bigorno, ou on ne passe pas. Un GPS qui recalcule au mauvais moment fait perdre vingt minutes ici.

Le village, puis une heure de marche jusqu’aux rochers

On se gare à l’entrée du village, à 522 mètres. Le sentier de la Madonna part de là, et c’est la seule marche de la journée.

Compter 2,2 kilomètres aller-retour, 110 mètres de dénivelé et une heure sans les arrêts. Le tracé rejoint d’abord le bas du village, du côté de Panicale, suit le ruisseau, puis remonte jusqu’aux quatre rochers des apparitions. Des escaliers et des rampes couvrent les passages raides. L’ombre des chênes tient presque tout le parcours, ce qui compte en juillet. Des chaussures fermées suffisent, et le sentier passe avec des enfants.

Le lieu est celui des apparitions rapportées entre 1899 et 1912 par Madeleine Parsi et par d’autres habitants du village. Ce que les sources en disent vraiment tient dans une page à part.

Le village lui-même se parcourt en vingt minutes. Il est bâti en amphithéâtre le long de la D 7, en moellons de schiste, avec des toits de lauze et des murs crépis, et il comptait 107 habitants au recensement de 2023.

Basculer sur le Nebbio par le col de Bigorno

Deux kilomètres séparent Campitello de Bigorno, et la D 7 s’arrête là, à sa jonction avec la D 5. Vers le sud, la D 5 descend sur Lento puis sur Ponte Novu : c’est le crochet de ceux qui veulent voir le pont génois, dix minutes plus bas. Vers le nord, elle monte au col.

Le col est à 885 mètres. Le schiste y est nu, les hauteurs sont balayées par les vents d’ouest et de nord-ouest, et la végétation se réduit par endroits à un thym ras de quinze centimètres, l’arba barona. Par temps clair, le golfe de Saint-Florent apparaît d’un côté, le Monte San Petrone de l’autre, par-delà la vallée du Golo. La descente sur Murato occupe le reste des treize kilomètres, en lacets serrés.

Déjeuner : en haut ou en bas, mais pas les deux

Les deux tables du parcours ne sont pas au même étage. En haut, à Murato, la ferme-auberge de Campu di Monte sert une cuisine corse de saison dans une ancienne ferme ; on réserve, au 04 95 37 64 39. En bas, au bord du Golo, l’hôtel-restaurant Accendi Pipa est ouvert à l’année, en bordure de la RN 193, au lieu-dit du même nom, sur le territoire de Campitello.

Le second paraît commode sur la carte et coûte cher dans la journée : depuis le village, il faut redescendre quatre cents mètres de dénivelé, puis les remonter. Il vaut pour la veille ou pour le lendemain, pas pour ce midi-là. Ces deux adresses ont été relevées le 11 septembre 2026.

San Michele de Murato : pourquoi elle passe après le déjeuner

L’église est isolée sur un replat à l’entrée de Murato, en contrebas du village, du côté du col de Santo Stefano. Elle date du XIIe siècle, elle est l’œuvre de maçons pisans, et elle est classée par la liste de 1840, la première liste de monuments classés établie en France. Le tour de l’édifice est libre toute l’année ; l’intérieur se visite en saison contre un billet de 2 €.

Les périodes annoncées ne se recouvrent pas tout à fait d’une source à l’autre, mais toutes s’accordent sur l’après-midi : entre 14 h et 19 h, en saison, la porte est ouverte. Aux autres heures, un appel au 04 95 37 60 10 la veille évite de monter pour rien. Même porte close, le damier se regarde du dehors. Horaires relevés le 11 septembre 2026.

Ce qu’on regarde de près, une fois sur place : le damier vert et blanc des murs, une serpentine tirée de la vallée du Bevinco et un calcaire venu de Saint-Florent, et les figures sculptées de la façade, dont une main coupée et une langue tranchée. Trente à quarante minutes suffisent.

Rentrer par le défilé de Lancone

De Murato, la D 5 file vers le nord-est, puis la D 62 prend le relais du côté d’Olmeta-di-Tuda. Huit kilomètres et demi, dont deux taillés dans la paroi au-dessus du Bevinco, souvent sans glissière : la roche d’un côté, le vide de l’autre.

Deux voitures ne se croisent pas partout. Les élargissements de la chaussée servent de garages, et l’usage veut que recule celui qui a le moins à reculer. La gorge sépare le massif de la Stella, au sud, du Monte Pinzali, au nord. À la sortie, la plaine reprend, la T 11 se retrouve, et Bastia est à neuf kilomètres.

Cette portion se conduit de jour. En novembre, le soleil se couche sur Bastia vers 17 h 15, et une visite de l’église qui s’étire fait franchir la gorge dans le noir, sur une route où l’on se croise déjà mal en plein jour.

Ce qui fait rater la journée

Quatre choses, et trois se règlent avant de partir.

Ce qui arriveCe qu’on fait
L’église est fermée quand on y arriveOn la garde pour l’après-midi, et hors saison on appelle la mairie de Murato la veille
La D 62 est coupée par un éboulement, ce qui est déjà arrivé au printemps 2025On rentre par où l’on est monté : la D 7 puis la nationale, vingt kilomètres de plus
Le risque incendie est annoncé très sévère en étéLa Costiera n’est pas l’un des six massifs que l’arrêté cadre peut fermer, et le sentier de la Madonna reste ouvert ; feu et cigarette sont interdits en milieu naturel du 15 juin au 30 septembre
Le réservoir est bas au moment de quitter la nationaleOn fait le plein dans la plaine, avant Barchetta : la partie haute du parcours ne traverse que des villages de quelques dizaines d’habitants

Les six massifs susceptibles d’être fermés en Haute-Corse sont l’Agriate, le Fango, Bonifato, Tartagine-Melaja, le Verghellu et le Manganellu. La carte du risque du jour est publiée la veille par la préfecture. Ce qu’un arrêté ferme, et qui le décide, tient dans une page à part.

Caler l’heure de départ

La boucle entière tient en cinq heures et demie, arrêts compris. Qui part de Bastia vers dix heures arrive devant San Michele à l’ouverture et rentre au milieu de l’après-midi, avec de quoi pousser sur Saint-Florent par le col de Santo Stefano, ou de quoi ne rien faire du tout. Partir à l’aube ne fait rien gagner : ça fait attendre devant une porte fermée.

Le point à vérifier avant de tourner la clé est double : San Michele doit être ouverte quand on y arrive, et le défilé doit se franchir au jour. Les deux dépendent de la même chose, l’heure à laquelle on quitte Bastia.